Vendredi le 19/10/2018
Passip

Contexte
La moitié de la population rurale du Mali vit sous le seuil de pauvreté. La malnutrition sévit dans plusieurs régions. Selon l’Enquête Démographique de Santé du Mali (EDSM de 2014) 13 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition. La production agricole reste tributaire d’une pluviométrie en diminution et mal répartie dans le temps et l’espace. Pourtant le pays dispose d’un important potentiel en agriculture irriguée, estimé à plus de 2,2 millions d’hectares, mais seulement 15 % sont actuellement mis en valeur.
L’Irrigation de Proximité (IP) joue donc un rôle de plus en plus important pour l’accroissement et la diversification de la production agricole et pour l’amélioration de l’état nutritionnel de la population dans une perspective durable.
Le Programme National d’Irrigation de Proximité (PNIP, 2012-2021) jette les bases d’interventions futures coordonnées et harmonisées du Gouvernement et des Partenaires Techniques et Financiers (PTF). Comme toutes les compétences nécessaires à sa mise en œuvre ne sont pas disponibles du côté de l’État et des prestataires public.que.s et privé.e.s, plusieurs PTF se sont mobilisés à leurs côtés.
La Coopération allemande a une longue tradition dans son engagement à appuyer les efforts pour le développement de l’économie rurale et de la promotion de l’agriculture irriguée au Mali. Sa contribution actuelle au secteur de l’IP comprend :

  • les projets de la coopération financière (KfW) de l’IP, les projets de l’Irrigation de PROximité (IPRO) à Sikasso, à Koulikoro, au Pays Dogon et dans le Delta Intérieur du Niger (Régions de Tombouctou et de Mopti) ;
  • le projet de la coopération technique : le PASSIP.

Objectif
L’objectif global du PASSIP est formulé comme suit :
« La population rurale travaillant dans l’irrigation de proximité améliore sa situation économique et nutritionnelle. »

Bénéficiaires et zones d’intervention
Les principaux bénéficiaires du PASSIP sont les producteurs et productrices, les différentes organisations paysannes et associations le long des chaînes de valeur et les entreprises agricoles.
Les acteur.trice.s intermédiaires du PASSIP intervenant dans l’IP sont les agent.es de la DNGR, de la DNA, de la DNP, les membres des Comités Techniques Régionaux de Coordination (CTRC), les centres de formation, les services publics et les prestataires privé.e.s.

Composantes
Le PASSIP porte sur quatre composantes. Elles évoluent en interrelation sur des zones géographiques variées et à des échelles d’intervention complémentaires. Les différents partenariats et contributions sont mis en œuvre de manière concertée et dynamique au sein des composantes où les projets sont intégrés dans la logique stratégique et opérationnelle du PASSIP.
Composante 1 (C1) : Appui à la Direction Nationale du Génie Rural (DNGR) pour la mise en œuvre du PNIP ;
Composante 2 (C2) : Formation professionnelle de prestataires public.que.s et privé.e.s ainsi que de paysan.ne.s démultiplicateur.trice.s en IP ;
Composante 3 (C3) : Fonctionnalité et mise en valeur des AHA et valorisation des produits issus de l’IP. Les projets PASSIP/IRRIGAR, PASSIP/REAGIR et ProKayes en font partie ;
Composante 4 (C4) : Gestion durable des AHA dans le Delta intérieur du Niger.
Projets associés / rattachés : Il s’agit de trois projets de l’initiative spéciale SEWOH « UN SEUL MONDE sans faim » :

  • Centre d’Innovations Vertes (SEWOH CIV) pour le secteur agroalimentaire
  • Sécurité Alimentaire et renforcement de la Résilience (SEWOH SA/Résilience)
  • Financement agricole (SEWOH AgroFin) Stratégie d’intervention Le PASSIP est mis en œuvre par la GIZ qui a mobilisé environ 90 collaborateur.trice.s (dont 20% de femmes) et a sous-contracté certaines activités à des Bureaux d’Études (BE - C2) ou à des Organisations Non Gouvernementales (ONG - C2, C3 et SEWOH SA/Résilience). Les rôles et responsabilités sont répartis entre ces différents partenaires et toutes les prestations, formations et interventions se font en cohérence avec la Politique Nationale Agricole du Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP, 2012-2017) , ainsi que notamment la Loi d’Orientation Agricole (LOA, 2006), le Programme National de Sécurité Alimentaire (PNSA, 2006-2015), la Stratégie de Développement de la Riziculture (SDR, 2009), le Programme National d’Investissement dans le Secteur Agricole (PNISA, 2009), la Politique Nationale Genre (PNG, 2009-2018), la Politique Nationale sur les Changements Climatiques (PNCC, 2011), la Politique de Développement Agricole du Mali (PDA, 2013) et d’autres documents de référence adoptés par le Gouvernement du Mali.
    À travers ses trois composantes, la stratégie d’intervention du PASSIP suit une approche multi-niveaux et vise le renforcement de capacités à la fois individuelles, institutionnelles et sociétales :
  • au plan national, le PASSIP renforce les compétences de la DNGR et de ses démembrements, tout en appliquant les normes de qualité et les orientations du PNIP ;
  • au plan intermédiaire, le PASSIP apporte un soutien aux prestataires public.que.s et privé.es en IP, en matière de qualification et de perfectionnement, conformément au Plan national de formation des acteur.trice.s intermédiaires de l’IP ;
  • au plan local, le PASSIP intervient sur la mise en valeur des AHA de proximité, au plus proche des structures décentralisées et déconcentrées, ainsi que des entités familiales et des différents groupes socio-économiques, en veillant à la prise en compte des plus vulnérables. Les résultats obtenus par le PASSIP sont capitalisés et diffusés, afin que les expériences réussies puissent être démultipliées.

Institutions porteuses et partenaires
Le Ministère de l’Agriculture, à travers la Direction Nationale du Génie Rural (DNGR), assure la tutelle du PASSIP et est l’institution porteuse.
La Direction Nationale de l’Agriculture (DNA), l’Institut Polytechnique Rural de Formation et de Recherche Appliquée (IPR/IFRA) et cinq centres de formation agricole sont étroitement associés, tout comme plusieurs autres directions techniques de différents ministères et leurs structures déconcentrées, les collectivités territoriales et divers partenaires privé.e.s.
Sur le plan international, des partenariats existent avec des institutions de recherche, des universités et le secteur privé.

Financement et durée
Le PASSIP s’inscrit dans un cadre temporel global d’une quinzaine d’années, allant de 2008 à 2023, sous réserve de confirmation des options prises par les différentes parties prenantes. La phase en cours dure trois ans (de 01/2017 à 06/2019).
Le Ministère Fédéral de la Coopération Économique et du Développement d’Allemagne (BMZ), l’Union européenne (UE) et le Ministère des Affaires Mondiales du Canada (AMC) financent conjointement les activités du PASSIP qui dispose d’un budget d’environ 28 674 118 EUR (dont près de 3 699 820 EUR cofinancés par l’UE et 8 740 000 EUR par l’AMC.
L’Agence Allemande de Coopération Internationale (GIZ), qui a reçu mandat du BMZ pour la mise en œuvre, exécute sous forme de coopération déléguée les projets financés par l’UE et l’AMC.
La contribution de l’UE (04/2014-06/2019) est connue sous l’appellation « Initiative de Renforcement de la Résilience par l’Irrigation et la Gestion Appropriée des Ressources », soit PASSIP/IRRIGAR pour la coopération technique.
La contribution de l’AMC (2015-2019) est désignée sous le nom de « REnforcement de l’AGriculture IRriguée », soit PASSIP/REAGIR pour la coopération technique.
L’initiative spéciale du BMZ « UN SEUL MONDE sans faim » se décline au Mali à travers trois projets : SEWOH Centre d’Innovations Vertes (CIV), SEWOH Sécurité alimentaire et renforcement de la résilience (SA/Résilience), et SEWOH Financement agricole (AgroFin). SEWOH CIV s’inscrit dans une durée de 8 ans (2014-2022) et dispose d’un budget de 26 000 000 EUR (dont 5 000 000 EUR cofinancés par l’UE). SEWOH SA/Résilience quant à elle s’inscrit dans une durée de 8 ans (12/2014-12/2022) et dispose d’un budget de 14 000 000 EUR. Le projet SEWOH AgroFin commencera en 2018.